Passage à l'heure d'hiver 2026
Le passage à l’heure standard (ou heure d’hiver) aura lieu aux dates suivantes :
- dimanche 25 octobre 2026 à 03:00
- dimanche 31 octobre 2027 à 03:00
- dimanche 29 octobre 2028 à 03:00
La montre doit être reculée d’une heure : à 3 heures du matin, il est 2 heures. Une heure de sommeil est gagnée. La France est alors rattachée à son fuseau légal (UTC+1, décalé d’environ une heure par rapport à l’heure solaire). Chaque année, le changement a lieu le dernier dimanche d’octobre (dans la nuit du samedi au dimanche).
Passage à l'heure d'été 2027
Le passage à l'heure d'été se fera aux dates suivantes :
- dimanche 29 mars 2026 à 03:00
- dimanche 28 mars 2027 à 03:00
- dimanche 26 mars 2028 à 03:00
La montre est avancée d’une heure : à 2 heures du matin, il est 3 heures. Le passage à l’heure d’été fait perdre une heure de sommeil. Il décale l’heure légale dans le fuseau horaire UTC+2. Elle se retrouve en avance d’environ deux heures sur l’heure solaire. Chaque année, le changement a lieu le dernier dimanche de mars (c’est-à-dire au cours de la nuit du samedi au dimanche).
En un clin d’œil
| Régime | Date | Mouvement | Effet immédiat | Avance sur le soleil |
|---|---|---|---|---|
| Heure d’été | dernier dimanche de mars | à 2 h, il est 3 h | une heure de sommeil en moins | environ 2 h |
| Heure standard | dernier dimanche d’octobre | à 3 h, il est 2 h | une heure de sommeil en plus | environ 1 h |
En France, l’heure d’été s’applique pendant sept mois, de la fin mars à la fin octobre. L’heure standard, souvent appelée « heure d’hiver », s’applique pendant les cinq autres mois.
Astuce mnémotechnique
Selon un sondage grand public1, un Français sur deux hésite encore sur le sens du changement d’heure. Une astuce consiste à penser au mobilier de jardin : au printemps, on « l’avance » dans le jardin, à l’automne, on le « retire ».
Cas particulier des DOM-TOM
Le changement d’heure est appliqué sans interruption en France métropolitaine depuis 1976. Il ne concerne pas les territoires ultramarins, à l’exception de Saint-Pierre-et-Miquelon, qui s’aligne sur le Canada voisin2. Dans les autres territoires, l’heure légale reste fixe toute l’année3. La faible variation de la durée du jour à proximité de l’équateur explique en grande partie cette différence.
Différencier heure légale, heure standard et heure d’été
- L’heure légale correspond à l’heure officielle en vigueur à un moment donné.
- L’heure standard, abusivement appelée « heure d’hiver », correspond à l’heure de référence du fuseau horaire duquel un pays relève. C’est l’heure normale, par défaut. En France, il s’agit du fuseau UTC+1.
- L’« heure d’été » correspond à un ajustement saisonnier (avance d’une heure) par rapport à l’heure standard. En France, elle correspond au fuseau UTC+2. Elle constitue une exception par rapport au régime habituel.
Le changement d’heure s’inscrit dans un ensemble plus large d’ajustements que l’homme a imposés au temps solaire. Il a aussi mis en place l’heure moyenne (temps solaire moyen) et les fuseaux horaires (décalage de l’heure locale par rapport au temps universel coordonné - UTC déterminé par un méridien d’origine unique).
Origine du changement d'heure
Pourquoi a-t-on instauré ce système ?
Le changement d’heure poursuit un objectif simple : faire coïncider autant que possible les activités humaines avec la lumière du jour, afin de réduire le recours à l’éclairage artificiel.
L’« illumination » de Benjamin Franklin
Le scientifique Benjamin Franklin est souvent présenté comme un précurseur de l’heure d’été. Or, l’Américain ne suggère pas de modifier l’heure officielle, mais seulement d’inciter les Parisiens à se lever plus tôt pour économiser les chandelles.
Dans un écrit humoristique publié dans le « Journal de Paris » en 17844, il relate la genèse d’une découverte révolutionnaire dont il espère en toute modestie avoir l’honneur de la paternité : le Soleil éclaire dès son lever !
Lors d’un séjour à Paris, Benjamin Franklin assiste à la démonstration d’une nouvelle lampe à huile, développée par Quinquet et L’Ange, dont le rapport huile consommée/lumière produite — peu glorieux — l’interpelle dans un contexte local d’accroissement du coût de la vie. Rentré au milieu de la nuit à son domicile, il est réveillé vers 6 heures du matin par un bruit extérieur. La clarté règne alors dans sa chambre. Pensant tout d’abord qu’une lampe était restée allumée, Benjamin Franklin constate que la lumière naturelle du Soleil s’infiltre dans la pièce dont les rideaux n’avaient pas été fermés.
Au travers d’une démonstration chiffrée5, il démontre que si les Parisiens acceptaient de se lever plus tôt, la consommation de chandelles baisserait, ce qui représenterait une économie importante pour la ville. Il n’est jamais question de changer d’heure, mais bien de commencer la journée plus tôt pour réduire le gaspillage de bougies. Taquin, Franklin conclut que malgré tout le bien-fondé de sa suggestion, il sera toujours difficile d’amener les Parisiens à se lever avant midi…
Le Canada, pays précurseur
Une des premières applications connues d’un dispositif apparenté à l’heure d’été a lieu à Port Arthur (dans l’Ontario, Canada — aujourd’hui Thunder Bay) en 1908. L’homme d’affaires local John Hewitson, avec l’appui de la chambre de commerce, convainc le conseil municipal d’expérimenter un passage temporaire6 de l’heure du Centre à l’heure de l’Est (équivalent à l’heure d’été) afin de favoriser les loisirs estivaux en soirée7. L’initiative reste circonscrite à la ville. Conforté par son succès, Port Arthur adopte définitivement l’heure de l’Est en 1909, tandis que la ville voisine de Fort William, restée sur le fuseau du Centre, applique le système de l’heure d’été (fuseau de l’Est) quelques mois dans l’année. En 1910, la frontière entre les deux fuseaux est déplacée d’environ 200 miles (320 kilomètres) vers l’ouest, ce qui intègre définitivement la région au fuseau de l’Est.
Une initiative britannique
En 1895, George Vernon Hudson, un entomologiste néo-zélandais, plaide pour un ajustement saisonnier de l’heure. Il propose d’avancer les horloges de deux heures en été par rapport à l’heure standard8. Sa suggestion demeure lettre morte. C’est grâce aux efforts acharnés d’un Britannique que le dispositif est adopté à l’échelle internationale.
L’entrepreneur William Willett, porté par une vision hygiéniste9, est le premier à défendre cette idée en Grande-Bretagne. Il souhaite lutter contre le gaspillage de lumière du jour (« waste of daylight ») et encourager les travailleurs à commencer plus tôt leur journée afin de profiter des bienfaits de la lumière en fin de journée. Pour ce faire, il préconise l’instauration de l’heure d’été (« Daylight saving time », DST), consistant à avancer réglementairement l’heure en usage10.
Dans sa première mouture, William Willett suggère d’avancer les horloges de 80 minutes11. Dans un souci de fluidité, le décalage se ferait sur quatre week-ends consécutifs, à raison de 20 minutes par dimanche. Les bascules auraient lieu en avril (heure d’été) et en septembre (heure standard)12. Le créneau horaire de 2 heures du matin lui semble le plus opportun compte tenu de ses faibles répercussions sur la circulation des trains. Selon les estimations de William Willett, le dispositif permettrait de dégager en moyenne 1 heure et 10 minutes quotidiennement pendant 6 mois, soit 210 heures de lumière du jour supplémentaire chaque année.
“« Songez à ce que ce gain annuel de 210 heures de lumière du jour représente pour les générations futures. À l’âge de 28 ans (sans compter les six années de l’enfance), un homme aura gagné une année entière de lumière du jour. À 50 ans, il aura gagné 2 ans, à 72 ans, 3 ans. »13
William Willett (1907)
L’idée est présentée pour la première fois sous forme de projet de loi au Parlement britannique en 1908. Bien que plébiscitée par des industriels, des politiciens — notamment Winston Churchill14 — et des figures civiles — tel Arthur Conan Doyle, auteur de Sherlock Holmes —, elle est rejetée pendant plusieurs années par le gouvernement.
La Première Guerre mondiale rebat les cartes et précipite la mise en place du dispositif en Europe. Les belligérants souhaitent avant tout économiser les ressources énergétiques pour soutenir l’industrie de guerre. L’Allemagne instaure le changement d’heure (Sommerzeit) le 30 avril 1916 ; le Royaume-Uni et l’Irlande lui emboîtent le pas le 21 mai. La France l’appliquera en juin.
En France
Un pays aux différents tempos jusqu’en 1911
Jusqu’à la fin du XIXe siècle, les Français ne vivent pas tous au même rythme. L’heure est fixée en fonction du méridien du lieu, lorsque le Soleil est au zénith localement. Dans un souci d’uniformisation, le temps moyen de Paris devient l’heure légale en France et en Algérie en 1891. Pour faciliter l’actualisation des horloges des préfectures, hôtels de ville ou tribunaux, les personnels sont encouragés à se référer aux horloges extérieures des gares, déjà à l’heure de Paris pour fluidifier le trafic15.
En 191116, la France adhère au système universel des fuseaux horaires (qui se diffuse dans le monde depuis 1892). Elle s’aligne sur le méridien de Greenwich, point de référence de l’heure universelle, et retarde son heure de 9 minutes 21 secondes. Toute l’année, la France ne compte désormais plus qu’une seule heure (fuseau GMT).
1916 : un levier pendant la Première Guerre mondiale
Confrontée au « devoir impérieux de ne négliger aucune source d’économies »17, la France en guerre veut ménager ses ressources en charbon et pétrole. À l’instar de ses voisins, elle concentre ses efforts sur la facture de l’éclairage collectif et individuel. La mise en place de l’heure d’été, suggérée en mars 1916 par le député André Honnorat18, semble être une mesure plus efficace — et plus aisément applicable — qu’un couvre-feu. Après des semaines de division et de débats houleux19 20, la France consent en juin à mettre en place cette solution qui lui permettra d’être à la même heure que ses alliés.
L’heure d’été est appliquée pour la première fois en France le samedi 14 juin à 23 heures. Soixante minutes sont ajoutées à l’heure standard et ce, jusqu’au 1er octobre 191621.
Les affiches placardées annoncent :
“« Le but principal de cette mesure est d’économiser chaque jour une heure de lumière artificielle et par conséquent de réserver à la Défense nationale une quantité considérable de charbon et de pétrole actuellement dissipés en éclairage inutile. Tous les Français auront à cœur de se prêter à une réforme qui apportera à la France un surcroît de ressources dans la lutte décisive qu’elle soutient pour la Civilisation et le Droit. »
La mesure est accueillie plutôt positivement par la population. Comme espéré, elle permet de réaliser des économies. André Honnorat propose sa reconduction automatique chaque année22. La loi est votée, sans discussion23, le 19 mars 1917 par 291 voix contre 17724, pérennisant le dispositif pour toute la durée de la guerre25 26.
Une idée originale
Comment procéder à la bascule en heure d’été ? La question agite les membres de l’Académie des Sciences. En 1917, Louis Lecornu se fait le défenseur d’une transition douce. Il préconise un « changement continu, progressif puis régressif »27 suivant l’évolution de la lumière. Du solstice d’hiver au solstice d’été, il suggère d’avancer de 30 secondes chaque jour et, inversement, de retirer quotidiennement 30 secondes du solstice d’été au solstice d’hiver. Cette technique a été utilisée au Japon jusqu’en 1868 grâce aux horloges wadokei, dont la durée des heures variait en fonction des saisons.
Mais l’heure d’été divise aussi la société : d’un côté une France urbaine, composée d’ouvriers et commerçants ravis de profiter de la lumière naturelle après leur journée de travail ; de l’autre, une France rurale, composée d’agriculteurs et d’éleveurs vivant au rythme du soleil.
“« Des pétitions circulent mobilisant des élus locaux, des offices agricoles, des chambres de commerce, des industriels, des syndicats d’initiative, des médecins, des curés et même des sportifs. Certains vont jusqu’à accuser l’heure d’été d’être responsable de l’augmentation de la mortalité infantile, de rendre les femmes “mauvaises nourrices”, d’être une mesure de débauche soutenue par les « bistrots et les dancings ». »28
Guillaume Tronchet
La crispation gagne le gouvernement de Raymond Poincaré où les positions du ministère de l’Agriculture et celles des ministères du Travail et des Affaires étrangères semblent irréconciliables. In extremis, le changement saisonnier est maintenu.
1940 - 1945 : la France à l’heure allemande
Au début de la Seconde Guerre mondiale, la France, située dans le fuseau horaire de l’Europe de l’Ouest, applique toujours le changement d’heure saisonnier. Elle alterne ainsi entre les fuseaux GMT en hiver et GMT+1 en été. En 1940, lors de l’invasion allemande, l’armée ennemie impose son heure de référence au gré de sa progression sur le territoire français. La France, alors en heure d’été (GMT+1), se retrouve en GMT+2 (notre heure d’été actuelle) dans les zones occupées.
Mais le décalage horaire entre la zone libre et la zone occupée sème la zizanie dans les transports. Sous l’impulsion de la SNCF, une unification des horaires est décidée au printemps 194129 afin de faciliter le transport ferroviaire sur l’ensemble du territoire : toute la France s’aligne sur l’heure allemande30 31. Les changements saisonniers (printemps/automne) perdurent pendant l’Occupation, en parfaite synchronisation avec le Reich (GMT+1 et GMT+2), et ce, jusqu’à la Libération.
À la fin de la guerre, la France arrête le changement d’heure32, mais maintient, contrairement à ses aspirations initiales33, le fuseau standard GMT+1, hérité de Berlin34.
1976 : limiter l’impact du choc pétrolier
Dans le sillage du « choc pétrolier » de 1973-1974, l’heure d’été est réintroduite provisoirement au printemps 197635 afin de réaliser des économies d’énergie. La mesure s’inscrit dans une politique plus générale d’économies résumée par le slogan « En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées »36. L’alternance UTC+1 en hiver et UTC+2 en été est instaurée.
Jusqu’en 1980, la règle des dates de bascule des changements saisonniers n’est pas fixe. De 1981 à 1995, le passage à l’heure se fait le dernier dimanche de mars à 1 heure, et celui à l’heure standard le dernier dimanche de septembre à 1 heure. À compter de 1996, la France, tout comme ses voisins européens, réalise l’alternance les derniers dimanches de mars et d’octobre.
Historique des fuseaux en France
| Période | Heure standard (hiver) | Heure d’été |
|---|---|---|
| avant 1916 | GMT | GMT |
| 1916-1940 | GMT | GMT +1 |
| 1940-1945 | GMT+1 | GMT +2 |
| 1945-1976 | UTC+1 | UTC +1 |
| 1976-… | UTC+1 | UTC+2 |
Avantages et critiques
Le changement d’heure ne modifie pas la durée du jour, mais en optimise l’amplitude horaire pour les activités humaines. Historiquement, deux arguments justifient le dispositif : les économies d’énergie, objectif prioritaire, et le gain de luminosité en soirée, dans une vision hygiéniste. Avec le temps, avantages et inconvénients ont eu tendance à s’équilibrer, et les études ne parviennent plus à des conclusions universellement valables.
Les économies d’énergie
C’est l’argument fondateur. En 1916, les calculs estimaient — sous réserve que le prix du charbon ne monte pas — une économie minimum de 15 millions de francs par mois37 pour la France. Soixante ans plus tard, lors de la réintroduction du dispositif en 1976, la France escompte économiser l’équivalent de 300 000 tonnes de pétrole par an38.
Les études récentes nuancent ces projections. Dans une étude de 201039, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise des énergies (Ademe) évaluait les économies réalisées en 2009 à 440 GWh sur l’éclairage, soit l’équivalent de la consommation annuelle en lumière de 800 000 ménages, mais moins de 0,1 % de la consommation électrique française annuelle40. L’organisme avançait une réduction de 44 000 tonnes d’émission de CO₂ (soit 0,02 % des émissions du pays). Au fil du temps, les gains s’amenuisent. L’économie projetée à l’horizon 2030 avait été révisée à 340 GWh41. L’économie réelle était de 205 GWh en 201242.
Plusieurs facteurs expliquent cette réduction. Les ampoules basse consommation, puis les LED, réduisent mécaniquement la part de l’éclairage dans la consommation totale. En parallèle, le volet thermique (chauffage allumé plus tôt le matin, climatisation utilisée plus longtemps en soirée) et la démocratisation d’appareils énergivores ont compensé les gains sur l’éclairage.
En France, l’essentiel de la production énergétique repose sur le nucléaire, ce qui protège le pays des fluctuations de cours pour une grande partie de sa consommation. Le changement d’heure reste utile dans la gestion des pics de consommation, mais ne constitue plus un levier pertinent de politique énergétique par rapport à l’isolation des bâtiments ou à l’efficacité des nouveaux équipements.
“« EDF estime aujourd’hui [en 1989] qu’on ne gagne pas un centime en devises. Ceux qui calculent autrement ne tiennent compte que de l’économie réalisée par les particuliers, oubliant l’industrie, les transports et le coût provoqué par le passage de l’heure d’été. »43
Ségolène Royal, rapport sur l’heure d’été (1989)
Que disent les études ?
Les bénéfices énergétiques de l’heure d’été varient en fonction du contexte géographique, économique et culturel. Les résultats obtenus ne sont pas transposables d’un pays à l’autre.
Une méta-analyse de 2017 portant sur 21 pays dans le monde44 constate une économie d’électricité de 0,34 % les jours où l’heure d’été est en vigueur. En Europe, les économies iraient de 0,5 % à 2,5 % selon les pays45, à l’exception des pays du Nord. Un rapport de la Commission européenne les qualifie, selon les cas, « d’insignifiantes (0,1 pour mille) à très limitées (0,3 %) »46.
Une étude du Bundestag de 201647 conclut à des impacts légèrement positifs ou négatifs selon le contexte national, sans effet significatif sur le chauffage des locaux, et à des résultats mitigés sur la climatisation. Des économies minimes de consommation électrique étaient parfois constatées pour les ménages privés, mais jamais pour la consommation industrielle.
Les autres secteurs
Loisirs
C’est le grand gagnant incontesté du dispositif. La lumière supplémentaire en soirée bénéficie directement au commerce, au tourisme et aux activités sportives de plein air.
Santé
Le surcroît de luminosité en fin de journée est positif sur l’humeur et la qualité de vie, et incite davantage de personnes à pratiquer une activité physique48. En revanche, il encourage un coucher plus tardif, source de fatigue supplémentaire.
Le changement saisonnier lui-même constitue une chrono-rupture deux fois par an, mal supportée par les enfants et les personnes âgées : fatigue, irritabilité et désynchronisation du rythme circadien sont régulièrement signalées. Des études pointent également une augmentation des infarctus dans les jours suivant la bascule - une conclusion qui tend toutefois à être nuancée49.
Sécurité routière
Le bilan est contrasté : l’heure d’été réduirait les accidents l’après-midi et en début de soirée, mais augmenterait les risques le matin, notamment en zone rurale souvent mal éclairée50. Les études ne permettent pas de déterminer quelle heure est la moins accidentogène. Les chiffres sont en revanche formels sur un point : les accidents augmentent dans les jours qui suivent chaque changement d’heure, en raison de la perturbation du sommeil des conducteurs.
Agriculture
Les agriculteurs sont hostiles au dispositif depuis ses débuts51. En heure d’été, la journée commence en pleine nuit, quand l’humidité est encore forte sur les cultures. Les répercussions restent toutefois hétérogènes52 : les agriculteurs du Nord sont confrontés à des risques accrus d’accidents de tracteurs, quand ceux du Sud profitent de la luminosité prolongée en soirée. Du côté de l’élevage, des infections ont été constatées chez des vaches dont la traite est retardée au moment de la bascule en heure d’été. Le phénomène est observé en France et en Autriche, mais pas en Allemagne.
Pollution de l’air
L’heure d’été augmenterait les émissions d’ozone53, combinaison des rejets automobiles et d’un rayonnement solaire plus intense en soirée. Cet effet est documenté dans plusieurs pays européens. L’Allemagne et la Grèce parviennent cependant à la conclusion inverse et constatent une diminution de la concentration d’ozone54. Les études s’accordent en revanche sur un point : l’heure d’été encourage les déplacements automobiles en fin de journée.
Priorité aux vaches ou aux élèves ?
En 1953, la communauté de Waterloo, dans l’Illinois, se déchire autour du changement d’heure. Alors que la ville doit basculer en heure d’été le 26 avril, un conseil scolaire décide quelques jours plus tôt de maintenir l’heure standard pour les élèves, dont la majorité aide leurs parents agriculteurs. Avancer d’une heure obligerait à réaliser la traite beaucoup plus tôt — au risque de perturber les vaches — pour que les enfants attrapent leur bus à temps. Les élèves refusent que l’intérêt des vaches prime sur le leur. Lycéens, collégiens et élèves du primaire descendent dans la rue. Sur leurs pancartes figurent les slogans : « Students NOT cows come first » [Les élèves avant les vaches], « To milk or not to milk on standard time ? » [Faut-il traire les vaches à l’heure normale ?], ou encore « Milkers wanted » [Recherche trayeurs. Appelez-le…], suivi du numéro de téléphone du président du conseil scolaire55.
Le changement d’heure en Europe
L’heure d’été se généralise en Europe à la fin des années 1970 et au cours des années 1980. Les pays la mettent en place de manière autonome, sans harmonisation au niveau des dates.
L’Union européenne souhaite avant tout sécuriser les secteurs du transport et des télécommunications, particulièrement sensibles aux décalages horaires entre les États, et maintenir le bon fonctionnement économique du marché intérieur56. Pour ce faire, elle légifère pour mettre fin aux disparités de réglementations nationales. Il faudra une dizaine de directives, adoptées sur une période de 20 ans, pour mettre en place un système uniforme et pérenne à l’échelle de l’Union européenne.
Vers une harmonisation européenne
En 1980, une première directive européenne est adoptée après quatre années de négociations. Elle fixe une date commune pour le début de l’heure d’été en 1981, à savoir le dernier dimanche de mars, à 1 heure du matin (heure de Greenwich).
Une deuxième directive, en 1982, fixe une date commune de début — le dernier dimanche de mars (repère conservé) — et deux dates de fin : le dernier dimanche de septembre pour les pays d’Europe continentale, et le quatrième dimanche d’octobre pour le Royaume-Uni et l’Irlande. Ce régime dérogatoire perdure jusqu’en 1995.
En 1996, les États s’alignent sur le choix britannique. Le dernier dimanche d’octobre devient la date commune de fin (repère toujours usité). La synchronisation totale du calendrier des changements saisonniers est enfin actée. Elle est reconduite au gré des directives.
Depuis, tous les États membres de l’Union (et la Suisse) opèrent leurs changements d’heure le dernier dimanche de mars (heure d’été) et le dernier dimanche d’octobre (heure standard).
Cas particulier de la Suisse
Après un test non concluant en 1941-1942, la Suisse adopte l’heure d’été en 1981, un an après les autres pays européens. Si elle était initialement contre ce dispositif, elle a dû s’y plier pour ne pas se trouver isolée dans un « îlot de temps » par rapport à ses voisins européens57. En 1917, elle s’était déjà prononcée contre la mise en place de l’heure d’été58.
Des consultations au blocage
La question de l’amplitude et du calibrage de la période estivale se pose. Des divergences apparaissent très tôt. En 1993, un Eurobaromètre révèle que 54,5 % des États de la Communauté préfèrent arrêter l’heure d’été fin octobre plutôt que fin septembre (38,4 %)59. En 2007, la Société astronomique de Chypre60 propose de réduire la période d’heure d’été à cinq mois, de mai à septembre. Elle retient deux critères : une durée d’ensoleillement supérieure à douze heures et une température moyenne dépassant 24 °C. Les autorités locales ne donnent pas suite.
Face aux nombreux mécontentements, une consultation publique61 est lancée en 2018 par la Commission européenne. Parmi les 4,6 millions de répondants, 84 % sont favorables à la suppression du changement d’heure62.
Dans la foulée, la Commission européenne propose de supprimer le dispositif, réforme que soutient le Parlement européen en 2019 dans l’optique d’une application en 2021. Charge aux États de choisir s’ils souhaitent appliquer l’heure standard ou l’heure d’été de manière permanente63. Les instances attendent de leur part une harmonisation afin de garantir le bon fonctionnement du marché intérieur.
Qu’est-ce que le principe de subsidiarité ?
Selon le principe de subsidiarité, une décision doit être prise au plus petit niveau de gouvernance possible, afin de réduire la distance entre les décideurs et les personnes directement concernées par cette décision. Les autorités centrales, plus élevées hiérarchiquement, interviennent lorsque les actions ne peuvent être réalisées à l’échelon inférieur. Ainsi, selon le principe de subsidiarité, la question du choix de l’heure nationale relève de la compétence de chaque État et non des instances européennes.
Consultation en France
En France, la Commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale lance une consultation en 201964. Elle recueille 2 103 999 réponses, un taux élevé dans ce type de consultation65. Pour 61 % des répondants, le régime en vigueur est jugé pénible ou insatisfaisant. 84 % se déclarent favorables à la fin du changement d’heure saisonnier66. Dans l’éventualité d’une suppression du dispositif, 37 % souhaitent le maintien de l’heure standard contre 59 % celui de l’heure d’été67. Dans l’éventualité d’une suppression du dispositif et du choix du fuseau horaire pour la France métropolitaine, 12 % choisissent l’UTC+0 (heure solaire), 37 % l’UTC+1 (heure standard) et 51 % l’UTC+2 (heure d’été). Les partisans du maintien du changement saisonnier évoquent les loisirs de fin de journée et les économies d’énergie, tandis que les opposants défendent en priorité la santé et les rythmes biologiques.
Les pays d’Europe orientale (Bulgarie, Roumanie, États baltes, Grèce…), déjà à UTC+2 en été, seraient plutôt enclins à conserver ce fuseau. Ceux d’Europe centrale, dont la France et l’Allemagne, n’ont pas arrêté de position commune. L’Irlande et le Portugal forment un cas à part, tiraillés entre leur heure solaire (UTC+0) et l’alignement sur leurs voisins.
À rebours des recommandations et intentions politiques, les Français seraient favorables à une heure d’été (UTC+2) étendue toute l’année68.
En l’absence d’accord entre les États membres, le dossier est bloqué depuis 2019. Le changement d’heure reste en vigueur pour le moment.
Le saviez-vous ?
Le Royaume-Uni a expérimenté pendant trois ans, de 1968 à 1971, l’heure d’été permanente, désignée Heure normale britannique (British Summer Time - BST). Un bilan énergétique décevant et la vive opposition de la population — liée notamment aux matinées très sombres, surtout en Écosse — ont conduit la Chambre des Communes à arrêter le dispositif.
Le changement d’heure dans le monde
Moins de 40 % des pays dans le monde appliquent le changement d’heure. Les pays proches de l’équateur69, la majorité des pays d’Afrique et d’Asie n’y ont pas recours. Les États-Unis, l’Australie, le Brésil et le Canada l’appliquent, mais pas de façon uniforme sur le territoire.
Le changement d’heure n’a pas lieu au même moment dans l’Union européenne et dans le reste du monde. Aux États-Unis et au Canada, l’heure d’été dure plus longtemps qu’en France. Elle commence le deuxième week-end de mars et s’arrête le premier dimanche de novembre.
En chiffres
70 pays dans le monde observaient le système de l’heure d’été en 202670. Leur répartition est concentrée, puisque près des trois quarts d’entre eux sont situés en Europe. Au cours de l’histoire, plus de 140 pays ont expérimenté le système de l’heure d’été, mais la moitié ne l’ont pas maintenu. Nombre de ceux qui l’ont adopté l’ont fait de manière sporadique. Dans le palmarès des pays les plus fidèles au changement d’heure figurent le Canada, le Royaume-Uni et les USA.
Ceux qui ont dit stop
Sur le continent européen, certains pays ne sont plus concernés par le changement d’heure comme : la Géorgie (2005), la Russie71 et la Biélorussie72 (depuis 2011), l’Arménie (2012), l’Azerbaïdjan (2016). L’Islande n’applique plus le dispositif depuis 1968.
Dans le reste du monde, le Paraguay (2025), la Jordanie, la Syrie et l’Iran (2023), le Brésil (2020), la Mongolie (2017) et la Turquie (2016) figurent parmi les pays ayant récemment arrêté l’heure d’été.
Cas particulier du Maroc
Le Maroc est le dernier pays du Maghreb à appliquer un changement saisonnier73. Rattaché au fuseau UTC+1 toute l’année, le pays revient temporairement à UTC+0 pendant le ramadan — soit une heure de moins par rapport à son heure habituelle. Cette parenthèse, dont les dates varient chaque année, dure environ un mois.
Références
Sondage « Le changement d’heure » réalisé par OpinionWay pour Ooreka, publié le 27 octobre 2015
Selon les dates de bascule en heures d’été ou d’hiver, 3 ou 4 heures séparent la France et Saint-Pierre-et-Miquelon.
En vertu du décret n° 2017-292 du 6 mars 2017.
Benjamin Franklin, « Essay on daylight saving », The Journal of Paris, 1784
Entre autres solutions, Benjamin Franklin évoque la possibilité : de taxer d’un louis par fenêtre les habitants qui laisseraient leurs volets fermés, se privant ainsi de la lumière naturelle ; de rationner l’achat de bougies à une livre par semaine par famille ; d’instaurer une police chargée d’appliquer un couvre-feu, excepté pour les médecins, chirurgiens et sages-femmes ; de faire sonner les cloches des églises chaque matin dès le lever du Soleil et, au besoin, de tirer des coups de canon. L’auteur de préciser : « Toute la difficulté résidera dans les deux ou trois premiers jours. »
La durée diverge selon les sources : il s’agit tantôt d’une période de deux mois (juillet et août), tantôt d’une période s’étendant de début mai à fin octobre. Chris Pearce, « Origins of daylight saving time in Canada », Article de blog, mise en ligne le 8 mars 2018 ; Thunder Bay Public Library, « The origins of daylight saving time », publié le 11 mars 2025, consulté en mars 2026
Un autre argument, économique cette fois-ci, est avancé : il concerne la coordination des activités portuaires et ferroviaires (notamment pour le trafic des céréales) et la cohérence horaire avec les autres acteurs rattachés au fuseau de Toronto. Sandi Krasowski, « Time change has Thunder Bay origin », Fort Frances Times, 12 mars 2024
Article LVIII - « On seasonal time », by G. V. Hudson, 1898, Transactions and Proceedings of the Royal Society of New Zealand, p. 577
Kristin D. Hussey, « The Waste of Daylight’ : Rhythmicity, Workers’ Health and Britain’s Edwardian Daylight Saving Time Bills », Social History of Medicine, 2021, vol. 35, n° 2, pp. 422-443
William Willett, « The Waste of daylight », juillet 1907
Lire la note de bas de page p. 19. William Willett, « The waste of daylight : with an account of the progress of the daylight saving bill », 19e édition, mars 1914
Dans des versions ultérieures de sa brochure, William Willett propose un gain de 60 minutes de soleil (et non plus 80 minutes) en une seule fois.
William Willett, « The Waste of daylight », juillet 1907
En 1934, Winston Churchill publie l’article « A Silent Toast to William Willet » [Un toast silencieux à William Willett] dans lequel il souligne la nécessité pour les citadins — et plus généralement pour les classes laborieuses (ouvriers des mines, usines et ateliers) — de profiter des 160 heures supplémentaires de luminosité dégagées grâce à l’heure d’été. « Daylight savings time: A silent toast to William Willett by Winston Churchill », The Churchill Project - Hillsdale College, mis en ligne le 14 mars 2021
Note du 31 juillet 1891 du ministère de l’Intérieur. Jacques Audrerie, « Mettons les pendules à l’heure ! », Archives départementales de la Haute-Vienne.
Loi du 9 mars 1911 portant modification de l’heure légale française, pour la mettre en concordance avec le système universel des fuseaux horaires, Journal officiel de la République française, n° 68, 10 mars 1911, p. 1882
« Heure d’été », post du 26 mars 2012 par Rutilius, Forum Pages 14-18 : les combattants et l’histoire de la Grande Guerre
Guillaume Tronchet, « André Honnorat (Un visionnaire en politique) », Chapitre 11 : Le père de l’heure d’été, Paris, Maisonneuve & Larose Nouvelles Éditions, Hémisphères Éditions, 2020
Dans son article Guillaume Tronchet écrit : « À droite comme à gauche [à la Chambre des députés], les critiques fusent : le projet risque de troubler la vie nationale, de provoquer des catastrophes ferroviaires ou maritimes, de “détraquer le système solaire« et d’aller contre ce que certains parlementaires jugent être le »bon sens paysan”. On dépeint Honnorat en Josué, le héros biblique qui veut arrêter la course du soleil. On l’accuse surtout de vouloir mettre la France à « l’heure boche » ». Guillaume Tronchet, « Heure d’été, heure d’hiver : le couvre-feu oublié de la Grande Guerre », The Conversation, 25 octobre 2020
Session ordinaire du Sénat du 8 juin 1916, Compte-rendu de séance in extenso — 37e séance. « Point 6 - Discussion d’un projet et d’une proposition de loi relatifs à l’avancement de l’heure légale », pp. 508-515
Loi du 9 juin 1916 ayant pour objet d’avancer l’heure légale, suivie du décret du 10 juin 1916, Journal officiel de la République française, n° 159, 11 juin 1916, p. 5134
Session ordinaire du Sénat du 15 mars 1917, Compte-rendu de séance in extenso — 18e séance. 7 — Adoption d’une proposition de loi relative à l’avance de l’heure légale. Extrait des propos du rapporteur M. Guilloteaux : « Vous connaissez les dispositions de cette proposition (…) Il ne s’agit plus, comme dans la proposition Honnorat, d’une mesure définitive, mais simplement de l’extension de l’expérience de 1916, qui a donné de bons résultats sociaux et économiques, à la durée de la guerre, et rien qu’à sa durée. »
Guillaume Tronchet, « Heure d’été, heure d’hiver : le couvre-feu oublié de la Grande Guerre », The Conversation, 25 octobre 2020
Gilles Krugler, « Allemagne, décembre 1918. Les premières heures de l’occupation », Revue historique des armées (en ligne), n° 254, 2009, mise en ligne le 6 février 2009
Article unique : « Pendant la durée de la guerre et jusqu’au décret fixant la cessation des hostilités, le Gouvernement est autorisé à avancer d’une heure, par voie de décret, en France et en Algérie, l’heure légale fixée par la loi du 9 mars 1911. Toutefois, cette modification ne pourra avoir lieu que pendant la période comprise entre le premier dimanche de mars et le premier dimanche d’octobre, dates extrêmes pour l’application ou le retrait de l’avance autorisé par l’alinéa premier du présent article. » Journal officiel de la République française, n° 79, 21 mars 1917, p. 2258.
La loi émane du ministère des Travaux publics, des transports et du ravitaillement. Lire aussi : A. Giret, « Quelle heure est-il ? Rappel des textes définissant l’heure légale en France », L’Astronomie, vol. 78, 1964, pp. 465-469
« L’économie de l’éclairage — L’avance de l’heure », La Lanterne, 8 février 1917
Guillaume Tronchet, « Heure d’été, heure d’hiver : le couvre-feu oublié de la Grande Guerre », The Conversation, 25 octobre 2020
Décret du 16 février 1941, « Avance de l’heure légale », Journal officiel de l’État français, n° 51, 20 février 1941, p. 827
Pour éviter toute confusion, les journaux de l’époque prenaient soin de préciser systématiquement « heure allemande » après chaque mention horaire dans leurs colonnes.
Yvonne Poulle, « La France à l’heure allemande », Bibliothèque de l’École des chartes, 1999, 157-2, pp. 493-205
L’ultime changement vers l’heure standard (d’hiver) a lieu le 16 septembre 1945.
La France avait prévu de quitter l’heure allemande (GMT+2) en deux temps (décret du 14 août 1945). Toutefois, le décret n°45-2782 du 5 novembre 1945 a annulé la deuxième étape en cours du processus. La France est alors restée à GMT+1 toute l’année.
Il en est de même pour la Belgique et les Pays-Bas (anciens territoires occupés) et l’Espagne (qui a volontairement adopté le fuseau horaire de l’Allemagne).
Décret n° 75-866 du 19 septembre 1975 relatif à l’heure légale en 1976, Journal officiel de la République française, n° 219, 20 septembre 1975, p. 9721
Ce slogan a été imaginé par l’Agence pour les économies d’énergie (AEE), agence gouvernementale créée en 1974 avec pour mission de promouvoir les économies d’énergie auprès du public. Jean Syrota, à la tête de la structure, a « mis au point, avec une équipe assez restreinte, les mesures destinées à alléger la facture énergétique de la France : heure d’été, conseils de chauffage, de conduite, etc. ». In Le Monde, « M. Syrota quitte l’Agence pour les économies d’énergie », 13 octobre 1978
Session ordinaire du Sénat du 8 juin 1916, Compte-rendu de séance in extenso — 37e séance. « Point 6 — Discussion d’un projet et d’une proposition de loi relatifs à l’avancement de l’heure légale », Journal officiel du 9 Juin 1916, pp. 508-515
« Établi par Mme Ségolène Royal, un rapport parlementaire préconise la suppression de l’heure d’été », Le Monde, publié le 21 mars 1990
Réponse du 22 juin 2010 à la question écrite n° 75109 : « heure d’été et heure d’été » de Philippe Morenvillier en date du 30 mars 2010 (13e législature). Selon les estimations, « un gain de 130 GWh pourrait être attendu en 2030 [sur le volet thermique] à condition que des systèmes de régulation automatique — thermostat ou régulation horaire — soient installés pour respecter les consignes de température. En 2030, la réduction globale des émissions due au changement d’heure pourrait être de 70 000 à 100 000 tonnes de CO2. »
513 000 GWh.
Ademe, « Impact du changement d’heure : note de synthèse », Direction exécutive de la stratégie et de la recherche — service Économie et prospective, 2015 [Archives du web du 28 février 2017]
Selon une étude de l’Ademe réalisée en 2015. Réponse du 23 février 2016 à la question n° 92095 au ministère de l’Environnement de Joaquim Pueyo en date du 22 décembre 2015 (15e législature).
« Établi par Mme Ségolène Royal, un rapport parlementaire préconise la suppression de l’heure d’été », Le Monde, publié le 21 mars 1990
Cette méta-analyse rassemble 162 estimations issues de 44 études. Les économies sont logiquement plus importantes pour les pays plus éloignés de l’équateur. Havranek, Tomas, Herman, Dominik, Irsova, Zuzana, « Does Daylight Saving Save Electricity? A Meta-Analysis », The Energy Journal, 2018, vol. 39, n° 2, pp. 35-61
Sur 35 pays étudiés. Bergland, Olvar et Mirza, Faisal, « Latitudinal Effect on Energy Savings from Daylight Savings Time », Ås : Norwegian University of Life Sciences, School of Economics and Business, 2017. (Working Paper Series, no 08/2017).
« Proposition de résolution sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil concernant les dispositions relatives à l’heure d’été », Annexe au procès-verbal de la séance du 26 octobre 2000, proposition de résolution présentée par Lucien Lanier.
Rapport de recherche « Bilanz der Sommerzeit » pour le Bureau d’évaluation technologique du Bundestag allemand, publié en février 2016
L’augmentation des pratiques sportives en heure d’été concerne directement les activités de plein air. Lorsqu’elles sont soumises à des structures d’accueil, seule une extension des horaires permet d’accueillir plus de personnes.
Martin Juneau, « Le changement d’heure saisonnier n’influence pas le risque d’infarctus du myocarde », Observatoire de la prévention - Institut de cardiologie de Montréal, mise en ligne le 24 octobre 2025
Selon la Fédération nationale des associations d’usagers des transports, le décalage de deux heures par rapport à l’heure solaire en hiver accroîtrait les risques générés par l’obscurité, le verglas et le brouillard. Le pic de danger aurait lieu le matin au début du printemps et à la fin de l’été. Il concerne aussi les usagers des transports et les professionnels (routiers, salariés du BTP). Cour des comptes, « La modification bi-annuelle de l’heure légale », Paris, 1996
Guillaume Tronchet, « Heure d’été, heure d’hiver : le couvre-feu oublié de la Grande Guerre », The Conversation, 25 octobre 2020
« Proposition de résolution sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil concernant les dispositions relatives à l’heure d’été », Annexe au procès-verbal de la séance du 26 octobre 2000, proposition de résolution présentée par Lucien Lanier.
Selon des spécialistes de la mesure de la qualité de l’air, la concentration en ozone relevée en fin de journée est avant tout la conséquence des émissions automobiles du matin. En effet, les polluants émis mettent en moyenne six heures pour se dégrader. Bien que certaines études effectuées aux États-Unis constatent un accroissement de la pollution de l’air après le passage à l’heure d’été, le lien de causalité entre la prolongation de l’activité le soir due à une avancée horaire et l’accroissement de la concentration en polluants ne peut être établi de façon irréfutable.
« Proposition de résolution sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil concernant les dispositions relatives à l’heure d’été », Annexe au procès-verbal de la séance du 26 octobre 2000, proposition de résolution présentée par Lucien Lanier.
Mark Tullis, « Remembering the ‘cow time’ protest 60 years later », Republic-Times, 29 mai 2013
Directive 2000/84/CE du Parlement européen et du Conseil du 19 janvier 2001 concernant les dispositions relatives à l’heure d’été, Eur-Lex Europa
« Suppression de l’heure d’été » : Avis du conseil fédéral du 3 novembre 2010 en réponse à la motion déposée par Yvette Estermann le 21 septembre 2010 au Conseil national, Parlement suisse
« Bientôt le passage à l’heure d’été ! Mais pour quoi faire, au juste ? », Blick, publié et mis à jour le 21 mars 2024
« Communication de la Commission au Conseil, au Parlement européen et Comité économique et social européen conformément à l’article 5 de la directive (CE) nº 84/2000 concernant les dispositions relatives à l’heure d’été » [COM/2007/0739 final], Bruxelles, le 23 novembre 2007
« Time to change the dates for summer time », Cyprus Mail, 18 octobre 2007 ; Commission européenne, « Communication from the Commission to the Council, the European Parliament and the European Economic and Social Committee under Article 5 of Directive 2000/84/EC on summer-time arrangements », COM 2007 - 739 final, 23 novembre 2007
Consultation en ligne ouverte du 4 juillet au 16 août 2018. Communiqué de presse de la Commission européenne, « Summertime Consultation : 84 % want Europe to stop changing the clock », Bruxelles, 31 août 2018
Les répondants, issus des 28 pays membres, sont majoritairement allemands (3,79 % de la population nationale) et autrichiens (2,94 %). 0,59 % des Français se sont exprimés.
La mise en place permanente de l’heure d’été retarderait le lever du soleil en hiver. En Belgique ou au Danemark, il se lèverait en milieu de matinée, et aux alentours de 10 heures dans le nord-ouest de l’Espagne. A contrario, dans l’éventualité d’une heure standard permanente, le soleil pourrait se lever dès 3 h 15 dans l’est de la Pologne et aux environs de 4 heures à Berlin l’été.
Consultation ouverte du 4 février au 3 mars 2019.
Par rapport à leur poids démographique, la région Hauts-de-France est sous-représentée, tandis que PACA, l’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes sont sur-représentées.
« Changement d’heure », Data Assemblée Nationale, mise en ligne le 29 mars 2019 ; « Faut-il mettre fin au changement d’heure ? », Présentation, questions et résultats de la consultation citoyenne, Assemblée nationale, (s.d.)
Les résultats sont : 36,97 % pour l’heure standard, 59,17 % pour l’heure d’été, et 3,86 % ne se prononcent pas.
Certains observateurs soulignent les répercussions préjudiciables d’un décalage horaire entre l’heure d’ouverture des bourses de Paris et Londres.
La durée du jour varie peu au cours de l’année dans les pays situés près de l’équateur. Le changement d’heure est donc moins pertinent dans ces zones.
Steffen Thorsen, Anne Buckle et Sara Kornberg, « Daylight saving time statistics », Timeanddate, 9 janvier 2026, consulté en avril 2026
« La Russie restera à l’heure d’été… toute l’année », Russia Beyond, 17 février 2011
« Eternal daylight saving time (DST) in Belarus », Time and date, 19 septembre 2011
L’Algérie et la Tunisie ont abrogé l’heure d’été respectivement en 1980 et 2009.
Lire aussi
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David S. Prerau, « Seize the daylight : the curious and contentious story of daylight saving time », Basic Books, 2005
-
Michael Downing, « Spring Forward: The Annual Madness of Daylight Saving », Shoemaker & Hoard, Div of Avalon Publishing Group Inc, 2009
-
Philippe François, « Faut-il en finir avec l’heure d’été ? », Rapport d’information n° 13 (1996-1997), Délégation du Sénat pour l’Union européenne