Dates des lunes bleues les plus proches
Ci-dessous les dates de la prochaine lune bleue saisonnière, et de la prochaine lune bleue mensuelle :
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dimanche 31 mai 2026 à 10:46
Lune bleue mensuelle -
jeudi 20 mai 2027 à 13:00
Lune bleue saisonnière
Retrouvez des dates supplémentaires plus bas dans la page. Plus rares, voici les dates des deux prochaines superlunes bleues, de type saisonnière et mensuelle :
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samedi 21 août 2032 à 03:47
Superlune bleue saisonnière -
samedi 31 janvier 2037 à 15:04
Superlune bleue mensuelle
Définitions
Ce terme désigne la survenue d’une pleine lune supplémentaire dans l’année solaire. La durée de la lunaison (29,53 jours) étant plus courte que celle du mois calendaire (30 ou 31 jours, excepté en février), les deux cycles, désynchronisés, n’avancent pas au même rythme. Ainsi, tous les 2,75 ans environ, l’année compte 13 pleines lunes au lieu de 12.
Il existe deux types de lune bleue (blue moon) : la saisonnière et la mensuelle. Selon le moment où tombe la pleine lune supplémentaire, elle reçoit un nom spécifique. La seconde définition — lune bleue mensuelle, diffusée par James Hugh Pruett — a détrôné la première, issue du Maine Farmer’s Almanac. Dans l’usage courant, la mention « lune bleue » sans autre précision renvoie à la lune bleue mensuelle.
Pour rappel
La lune bleue est une création artificielle, liée à l’invention des cycles et du calendrier par l’homme. Pour capter l’intérêt du plus grand nombre, la NASA utilise ce terme, qui n’a pourtant pas d’intérêt particulier d’un point de vue strictement astronomique.
Lune bleue saisonnière
Le terme « lune bleue saisonnière » désigne la présence d’une quatrième pleine lune au sein d’une saison astronomique qui en compte habituellement trois. Dans ce cas, la troisième pleine lune sur les quatre est nommée lune bleue.
La lune bleue saisonnière s’inscrit dans le cycle de saisons, qui débutent aux solstices et équinoxes, c’est-à-dire entre le 20 et le 22 des mois de mars, juin, septembre et décembre. Dès lors, les lunes bleues saisonnières se produisent systématiquement entre le 18 et le 23 des mois de mai, août, novembre et février.
Lune bleue mensuelle
Le terme « lune bleue mensuelle » indique la présence d’une seconde pleine lune au sein d’un même mois calendaire qui n’en compte généralement une seule. Dans cette configuration, la seconde pleine lune est appelée lune bleue.
La NASA retient cette définition de la lune bleue.
La lune bleue mensuelle se calque sur le cycle des mois calendaires. Pour qu’un mois compte deux pleines lunes, la première doit tomber en début de mois et la seconde en fin de mois. Le mois de février étant plus court (28 jours, et 29 jours lors des années bissextiles), il ne peut jamais abriter de lune bleue mensuelle.
La présence d’une lune bleue mensuelle n’est pas systématiquement valable partout sur Terre. En raison des décalages horaires, certaines pleines lunes sont considérées comme la seconde du mois sur certains points du globe, mais pas sous d’autres fuseaux horaires.
Dates de la prochaine lune bleue
La survenue d’une lune bleue est une configuration inhabituelle, mais nullement extraordinaire. Selon le cycle métonique, basé sur 6 940 jours, on recense 235 lunaisons (donc 235 pleines lunes) en 19 ans. À raison d’une pleine lune par mois calendaire (12 X 19), on obtient 228 pleines lunes. Les sept pleines lunes « en excédent » sont considérées comme des lunes bleues. On rencontre une lune bleue tous les 2 à 3 ans.
« En un siècle, on dénombre en moyenne 1 236,83 pleines lunes, dont 36,83 sont des lunes bleues. Cela représente un peu moins de 3 % de toutes les pleines lunes. »1
John Mosley (astronome au sein de l’observatoire Griffith)
Compte tenu des critères de définition, les lunes bleues saisonnières sont un peu moins fréquentes que les lunes bleues mensuelles : tous les 33 mois contre tous les 29 mois. Les deux types de lunes bleues ne peuvent se produire à la même date.
Lune bleue
Ci-dessous les dates des lunes bleues, mensuelles ou saisonnières, pour les 5 années à venir.
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dimanche 31 mai 2026 à 10:46
Lune bleue mensuelle -
jeudi 20 mai 2027 à 13:00
Lune bleue saisonnière -
dimanche 31 décembre 2028 à 17:49
Lune bleue mensuelle -
vendredi 24 août 2029 à 03:52
Lune bleue saisonnière -
mardi 30 septembre 2031 à 20:58
Lune bleue mensuelle
Double lune bleue
Le phénomène de « double lune bleue » — soit deux mois comportant chacun deux pleines lunes dans la même année — est nettement plus rare. Il se produit tous les 25 à 30 ans. Une double lune bleue ne survient que si le mois de février ne compte aucune pleine lune.
La prochaine « double lune bleue » mensuelle aura lieu aux dates suivantes :
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samedi 31 janvier 2037 à 15:05
première lune bleue mensuelle -
mardi 31 mars 2037 à 11:54
deuxième lune bleue mensuelle
L’existence d’une double lune bleue saisonnière est impossible. Pour ce faire, l’année devrait compter 14 pleines lunes.
Multiples lunes bleues
La concomitance, au cours du même année, d’une lune bleue saisonnière et d’une mensuelle est rare. La prochaine occurrence aura lieu en 2048. La dernière date de 1934.
La présence de trois lunes bleues la même année (une lune bleue saisonnière et deux lunes bleues saisonnières) est encore plus rare. La prochaine occurrence aura lieu en 2143. La dernière date de 1961.
Mois sans pleine lune
Tous les 19 ans environ, le mois de février ne compte aucune pleine lune. Dans ce cas, au moins un des mois adjacents en dénombre deux. Une année avec un mois sans pleine lune n’est pas forcément une année de double lune bleue mensuelle.
Le phénomène d’année avec un mois sans pleine lune aura lieu en 2033. Il a eu lieu pour la dernière fois en 2014 .
Superlune bleue
La superlune bleue correspond à la fusion d’une lune bleue et d’une superlune. La fréquence de cette combinaison varie selon le type de lune bleue considéré. Les dates ne sont jamais communes entre la superlune bleue saisonnière et la mensuelle.
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samedi 21 août 2032 à 03:47
Superlune bleue saisonnière -
samedi 31 janvier 2037 à 15:04
Superlune bleue mensuelle -
mardi 31 mars 2037 à 11:53
Superlune bleue mensuelle -
mardi 18 mai 2038 à 20:23
Superlune bleue saisonnière -
mercredi 22 août 2040 à 11:10
Superlune bleue saisonnière -
dimanche 31 août 2042 à 04:02
Superlune bleue mensuelle
Origine
Le terme « lune bleue » n’est pas un terme astronomique officiel. Son acception actuelle, en tant que lune bleue mensuelle, remonte au milieu du XXe siècle.
En 1946, dans son article « Once in a Blue Moon » publié dans la revue Sky & Telescope, l’astronome amateur James Hugh Pruett s’intéresse au phénomène de la « lune bleue ». Au cours de ses recherches, il relève une signification particulière trouvée dans l’édition d’août 19372 du Maine Farmer’s Almanac3 [Almanach des fermiers du Maine].
James Hugh Pruett analyse ainsi la configuration calendaire : lorsqu’une treizième lune apparaît dans le calendrier annuel, « cela donne onze mois avec une pleine lune chacun et un mois avec deux pleines lunes. Cette deuxième pleine lune dans un mois, selon mon interprétation, était appelée « lune bleue » et était considérée comme un signe de malchance et une véritable nuisance, car elle se produisait à différents moments de l’année et perturbait le calendrier des fêtes religieuses. »4
Mais l’examen d’une quarantaine d’anciens numéros de l’almanach agricole prouve que James Hugh Pruett se trompe. Comme le constatent des chercheurs5, les lunes bleues tombent toujours entre le 20 et le 23 du mois, et exclusivement en février, mai, août et novembre. Selon le Maine Farmer’s Almanac, l’expression, dont l’origine demeure incertaine, désigne la troisième pleine lune d’une saison astronomique qui en compte exceptionnellement quatre, et non une seconde pleine lune mensuelle comme l’avance James Hugh Pruett. L’erreur d’interprétation est reprise en 1950 dans un article de Sky & Telescope consacré à la lune bleue du mois… de mai.
Dans les années 1970, la journaliste scientifique Deborah Byrd emploie cet usage fautif dans son émission radiophonique « Star Date », puis en 1990 dans un article publié dans la revue Astronomy. Selon ses dires, elle aurait découvert le terme dans un quiz astronomique de l’auteur Laurence J. Lafleur, paru dans un numéro de Sky & Telescope de 19436. Ce dernier se serait inspiré d’un almanach du Maine du XIXe siècle (non identifié) pour rédiger la question.
La notion se diffuse auprès du grand public grâce à l’introduction, en 1986, d’une question sur la lune bleue mensuelle au sein de la seconde édition du populaire jeu Trivial Pursuit. Les auteurs du jeu de société affirment avoir trouvé l’information dans le Kids’ World Almanac of Records and Facts publié en 1985. Les autrices de cet ouvrage pour enfants n’ont toutefois pas été en mesure de mentionner leur source7. Il pourrait dès lors s’agir, comme c’était souvent le cas de la part des éditeurs de compilations et annuaires, de l’ajout volontaire d’une erreur destinée à repérer d’éventuels plagiats8.
Dans les années 1990, l’intérêt pour les lunes bleues grandit dans la presse. En 1993, la configuration atypique de la pleine lune de la fin du mois d’août — une première ayant eu lieu le 2 août — amuse les journalistes9 de part et d’autre de l’Atlantique. Cette nuit-là, selon le fuseau horaire, la pleine lune est tantôt considérée comme une lune bleue (c’est le cas aux États-Unis), tantôt non (au Royaume-Uni, c’est déjà le 1er septembre). Le phénomène inverse se produit fin septembre, les Britanniques enregistrant à leur tour une lune bleue, contrairement aux Américains10.
L'expression « Once in a Blue Moon »
L’expression « Once in a Blue Moon », soit « tous les 36 du mois » en français, est attestée en 1890 dans un ouvrage du lexicographe John S. Farmer11. Elle dérive de l’expression « one in a mone [moon] » [une fois par mois, fondée sur le cycle des lunaisons], employée dès le XVIe siècle pour évoquer un événement occasionnel. Au XIXe siècle, l’adjectif « blue » lui est adjoint pour intensifier le propos, sans faire une allusion littérale à la couleur de l’astre. À l’instar de l’expression « aux calendes grecques », « Once in a Blue Moon » est utilisée de manière imagée — dans un registre de langue plutôt familier — pour désigner ce qui n’arrivera jamais, puis, par glissement, un phénomène très rare.
Une mention antérieure de l’expression « blue moon », extraite d’un pamphlet12 satirique et anticlérical de 1528, est souvent citée pour retracer son étymologie. Les auteurs Jerome Barlowe et William Roy utilisent la formule « the mone is belewe [the moon is blue] ». Ils entendent ainsi dénoncer la façon dont certains dogmes religieux déforment volontairement des vérités établies : « That Scripture they tosse and tourne, After their owne ymaginacion: If they saye, the mone is belewe, We must beleve that it is true Admittynge their interpretacion. » [Ils tordent et retournent les Écritures selon leur propre imagination. S’ils disent que la lune est bleue, nous devons le croire, en acceptant leur interprétation.]
Selon toute vraisemblance, le terme « blue » aurait été ajouté sans autre intention que stylistique, pour rimer avec « true »13. En ce sens, l’ajout s’inscrirait dans la continuité de l’expression « to believe that the moon is made of green cheese » [croire que la lune est faite de fromage vert], en usage au XVIe siècle pour désigner le fait de croire à une ineptie14.
Lune de couleur bleue
L’expression « lune bleue » évoque aussi le changement de couleur apparent de l’astre. La Lune s’est réellement teintée de bleu à de très rares occasions, lors de phénomènes naturels exceptionnels (éruption volcanique, feu de forêt de grande envergure, mousson tardive)15 ayant projeté dans l’atmosphère de fortes quantités de poussière et de fumées. Les particules en suspension, plus grosses que la longueur d’onde de la couleur rouge, dispersent cette dernière et ne laissent passer que les autres couleurs16. Depuis la Terre, la couleur de la Lune semble changer ; mais depuis l’espace, la Lune reste invariablement grise.
Lire aussi : lune noire ; superlune ; microlune.
Références
Nona Yates, « Blue Moon won’t shine on everyone », Los Angeles Times, 31 août 1993
Selon le folkloriste Philip Hiscock, James Hugh Pruett aurait entendu parler de cette expression dans un numéro de Sky & Telescope daté de 1943. In Joe Antognini, « The song of Urania podcast : Episode 33 : How the Moon Became blue », 1er septembre 2023
Au sein de cet Almanach des fermiers du Maine, imprimé de 1819 à 1968 et fort populaire, un surnom est attribué à chacune des pleines lunes mensuelles.
James Hugh Pruett, « Once in a blue moon », Sky & Telescope, vol. V, n° 5, 53, mars 1946, p. 3-4
Donald Olson, Richard Fienberg et Roger Sinnott. In Joe Antognini, « The song of Urania podcast : Episode 33 : How the Moon Became blue », 1er septembre 2023
Philip Hiscock, « Folklore of the »Blue Moon” », International Planetarium Société, mise en ligne 31 janvier 1999, dernière modification enregistrée 31 août 2012, consulté en novembre 2025
Philip Hiscock, « Folklore of the »Blue Moon” », International Planetarium Société, mise en ligne 31 janvier 1999, dernière modification enregistrée 31 août 2012, consulté en novembre 2025
Joe Antognini, « The song of Urania podcast : Episode 33 : How the Moon Became blue », 1er septembre 2023
Nona Yates, « Blue Moon won’t shine on everyone », Los Angeles Times, 31 août 1993
Philip Hiscock, « Folklore of the »Blue Moon” », International Planetarium Société, mise en ligne 31 janvier 1999, dernière modification enregistrée 31 août 2012, consulté en novembre 2025
Pascal Tréguer, « The authentic origin of »once in a blue moon” », Word histories, mis en ligne le 21 juin 2017, consulté en novembre 2025
Pamphlet « Rede me and be not wrothe, for I say no thynge but trothe. » En anglais moderne, « Read me and don’t be angry, for I say nothing but the truth. » [Lisez-moi mais ne soyez pas en colère, car je ne dis que la vérité].
Pascal Tréguer, « The authentic origin of »once in a blue moon” », Word histories, mis en ligne le 21 juin 2017, consulté en novembre 2025
Pascal Tréguer, « The authentic origin of »once in a blue moon” », Word histories, mis en ligne le 21 juin 2017, consulté en novembre 2025
Citons l’éruption du volcan Krakatoa en Indonésie en 1883, la mousson en Inde en 1927, les gigantesques incendies au Canada en 1950-1951.
Bernd Brunner, « Petite histoire de la lune », Hors collections, Paris, Armand Colin, 2013