Date et origine de Souccot

Cabane de Souccot
Cabane de Souccot (RonAlmog / CC-by)

Dates de Souccot

Souccot (aussi écrit Soukkot) est prévu aux dates suivantes :

  • du dimanche 23 septembre le soir, au mardi 2 octobre 2018
  • du dimanche 13 octobre le soir, au mardi 22 octobre 2019
  • du vendredi 2 octobre le soir, au dimanche 11 octobre 2020

Soukkot (fête des tentes) est célébrée pendant la semaine qui commence le 15 Tichri dans le calendrier hébreu (fin septembre – début octobre).

Souccot, la fête des Tentes

Aussi appelé : Soukkot, Cabanes, Huttes, Tabernacles.

Souccot, qui signifie « Tentes » ou « Cabanes », est la fête la plus souvent mentionnée dans la Bible. Elle est célébrée à partir du 15 Tichri (septembre-octobre) pendant 7 jours. A la fois agraire et commémoration de la sortie d’Egypte, elle se manifeste par la construction de cabanes ainsi que par un rituel spécifique à la synagogue.

Dans la Torah, une fête agraire devenue commémoration de la sortie d’Egypte

La fête agraire célébrée en automne est pour la première fois mentionnée dans le Livre de l’Exode, sous le nom de « fête de la Récolte » :

Exode 23,16-17 : « Tu observeras […] la fête de la Récolte, au sortir de l’année, quand tu récolteras des champs les fruits de ton travail. Trois fois par an, tous tes hommes viendront voir la face du Maître, le Seigneur.1»

Comme son nom l’indique, la « fête de la Récolte » solennise la fin du cycle agricole, qui s’achève avec les vendanges. Elle est célébrée par un pèlerinage au temple de Jérusalem où sont offerts des sacrifices. Ni sa date ni sa durée ne sont ici précisées ; ces informations sont données dans un autre livre de la Torah2, le Lévitique, où la fête est désignée sous un autre nom : Souccot, en français, la fête des « Tentes » ou des « Cabanes ».

Lévitique 23,33-36 : « Le Seigneur adressa la parole à Moïse : "Parle aux fils d’Israël : Le quinze de ce septième mois, c’est la fête des Tentes, qui dure sept jours, en l’honneur du Seigneur ; le premier jour on tiendra une réunion sacrée ; vous ne ferez aucun travail pénible. Chacun des sept jours, vous présenterez un mets consumé au Seigneur.". »

La fête est donc à célébrer à partir du 15 Tichri, le 7e mois de l’ancien calendrier juif utilisé dans la Torah mais le 1er mois du calendrier actuel. Elle dure au total sept jours, et le premier jour de la fête est chômé. La signification de son nouveau nom est expliquée quelques versets plus bas, en lien avec un rituel inédit :

Lévitique 23, 39-43 : « En outre, le quinze du septième mois, après avoir récolté les produits de la terre, vous irez en pèlerinage fêter le Seigneur pendant sept jours ; le premier jour sera jour de repos, […] ; le premier jour vous vous munirez de beaux fruits, de feuilles de palmiers, de rameaux d’arbres touffus ou de saules des torrents, et vous serez dans la joie pendant sept jours devant le Seigneur votre Dieu. Vous ferez ce pèlerinage pour fêter le Seigneur, sept jours par an ; c’est une loi immuable pour vous d’âge en âge : le septième mois vous ferez ce pèlerinage ; vous habiterez sous la tente pendant sept jours ; tout indigène en Israël doit habiter sous la tente pour que d’âge en âge vous sachiez que j’ai fait habiter sous la tente les fils d’Israël, lorsque je les ai fait sortir du pays d’Egypte. C’est moi, le Seigneur, votre Dieu. »

Ce passage prescrit donc aux fidèles de se munir d’un bouquet composé de plusieurs végétaux, et d’habiter sous une tente pendant toute la durée de la fête, à laquelle est conférée une nouvelle signification : celle de commémoration de la Sortie d’Egypte.

Bouquet de Souccot
Bouquet de Souccot
U.S. Embassy Jerusalem / CC-by

Ces deux dimensions, agraire et commémorative, sont fusionnées dans le dernier livre de la Torah, Deutéronome, qui définit la « fête des Tentes » comme une occasion de réjouissance tout en liant à la fin de la récolte :

Deutéronome 16,13-15 : « Quant à la fête des Tentes, tu la célébreras pendant sept jours lorsque tu auras rentré tout ce qui vient de ton aire et de ton pressoir. Tu seras dans la joie de ta fête avec ton fils, ta fille, ton serviteur, ta servante, le lévite, l’émigré, l’orphelin et la veuve qui sont dans tes villes. Sept jours durant, tu feras un pèlerinage pour le Seigneur ton Dieu au lieu que le Seigneur aura choisi, car le Seigneur ton Dieu t’aura béni dans tous les produits de ton sol et dans toutes tes actions ; et tu ne seras que joie ».

En outre, toujours selon Deutéronome, tous les 7 ans, lors de l’année sabbatique3, la Torah devra être lue en intégralité au peuple d’Israël rassemblé à Jérusalem4.

Une fête majeure du judaïsme de l’Antiquité

L’importance de Souccot dans le judaïsme se manifeste par le fait que, déjà dans la Bible, elle est parfois simplement appelée « la fête »5. De plus, plusieurs épisodes majeurs de l’histoire biblique se déroulent pendant cette fête : la dédicace du premier temple de Jérusalem par le roi Salomon6 et la réunion du peuple à Jérusalem sous la direction du scribe Esdras après le retour d’Exil7.

La célébration de Souccot semble avoir été érigée en modèle des fêtes de réjouissance : d’après le Deuxième livre des Maccabées, un texte deutérocanonique8, la fête de Hanoucca fut ainsi conçue au IIe siècle avant notre ère comme un dédoublement de Souccot, et était d’ailleurs connue sous le nom de « fête des Tentes du mois de Kislev9 » :

2 Maccabées 10,5-6 : « Ce fut le jour même où le temple avait été profané par des étrangers que tomba aussi le jour de la purification du temple, le vingt-cinq du même mois, qui est Kislev. Ils célébrèrent avec allégresse les huit jours à la manière des Tentes, se souvenant comment, il y a peu de temps, ils avaient passé les jours de la fête des Tentes en gîtant dans les montagnes et dans les grottes à la façon des bêtes sauvages ».

Le lulav, partie du bouquet rituel, est déjà représenté sur les monnaies juives et les mosaïques de synagogues dans l’Antiquité comme on le voit sur les photos suivantes.

Monnaie frappée en 132-135 pendant la révolte de Bar Kochba avec un bouquet de lulav et un etrog (cédrat)
Monnaie frappée en 132-135 pendant la révolte de Bar Kochba. On voit un bouquet de lulav au centre et un etrog (cédrat) à gauche. Autour est écrit "Pour la liberté de Jérusalem".
© CoinArchives / NumisBids
Mosaïque de la synagogue d’Hammath-Tibériade. Un lulav est représenté à gauche de chaque menorah.
Mosaïque de la synagogue d’Hammath-Tibériade.
Un lulav est représenté à gauche de chaque menorah (candelier).
© Zev Radovan

Un rituel destiné à faire tomber la pluie

Dans le livre biblique qui porte son nom, le prophète Zacharie associe l’instauration sur Terre sur règne de Dieu avec une célébration de Souccot par la totalité des nations :

Zacharie 14,16-17 : « Alors tous les survivants des peuples qui auront marché contre Jérusalem monteront d’année en année pour se prosterner devant le roi, le Seigneur de l’univers, et pour célébrer la fête des Tentes. Mais pour les familles de la terre qui ne monteront pas à Jérusalem se prosterner devant le roi, le Seigneur de l’univers, il ne tombera pas de pluie. »

Outre sa dimension eschatologique annonçant le monde à venir, cette prophétie définit Souccot comme un rituel destiné à faire tomber la pluie. Cette dimension de la fête, justement placée au début de la saison des pluies au Proche-Orient, est ensuite reprise dans le Talmud10.

Mishna Taanit 1,1 : « A partir de quel moment doit-on commencer à mentionner les puissances des pluies dans les prières ? Selon Rabbi Eléazar, dès le 1er jour de Souccot ; selon Rabbi Joshua, à partir du dernier jour de cette fête ».

Mishna Rosh Hashanah 1,2 : « A Souccot, le monde est jugé pour l’eau. »

Une célébration très élaborée à l’époque du Second Temple

L’écrivain juif Flavius Josèphe donna à la fin du Ier siècle de notre ère un aperçu dont se déroulait la fête au temple de Jérusalem. Le grand-prêtre y procédait aux sacrifices11 devant le peuple rassemblés autour de l’autel, chacun tenant dans une main un bouquet de végétaux en accord avec les prescriptions de la Torah12. De plus, les textes rabbiniques composés entre 200 de notre ère et la fin de l’Antiquité décrivent une célébration devenue très élaborée au moment de la destruction du temple de Jérusalem en 70 de notre ère.

De nombreux rituels semblent ainsi avoir été ajoutés à ceux décrits dans la Bible, bien que les différentes informations fournies par les textes soient parfois contradictoires13 et que certains courants du judaïsme antique semblent les avoir critiqués14. Ainsi, chaque jour de la fête se déroulait une cérémonie appelée Simah beth Hachoeva, « réjouissance du lieu de puisage » 15, en prélude à une libation – c’est-à-dire une offrande liquide – d’eau puisée dans le bassin de Siloé à proximité immédiate du Temple16. Celle-ci se prolongeait toute la nuit dans la Cour des femmes, située sur le parvis du Temple. Les pieux y dansaient avec des flambeaux devant des chandeliers monumentaux en chantant des hymnes pendant que les Lévites17 jouaient des instruments traditionnels18.

Le 7e jour de Souccot : Hoshanna Rabba

Toujours d’après le Talmud, une cérémonie supplémentaire avait également lieu le 7e jour de la fête, nommée « Septième jour de la branche de saule »19 ou « jour du battage des rameaux »20. Des branches de saules étaient cueillies dans un village nommé Motza et apportées au Temple en procession pour être placées autour de l’autel. Les fidèles tenant leur bouquet de végétaux faisaient ensuite 7 fois le tour de l’autel en prononçant à chaque fois la formule Hoshanna qui signifie « Sauve vraiment »21.

C’est de cette exclamation qu’on tire le nom couramment donné au 7e jour de Souccot : le Jour de Hoshanna ou Hoshanna Rabba, qui signifie « Grand Hoshanna »22. Cette cérémonie a conféré un statut particulier au septième jour de la fête23, lequel a progressivement été interprété comme un jour de jugement des hommes par Dieu en prolongement de Roch Hachana et Kippour, deux fêtes célébrées quelques jours avant.

Hoshanna Rabba, Jérusalem, 2011
Hoshanna Rabba, Jérusalem, 2011
Avital Pinnick / CC-by-nc-nd

L’importance du lulav, le bouquet rituel, dans le rituel synagogal

La composition24 du bouquet de végétaux intégré au rituel de Souccot ainsi que son utilisation25 ont varié dans l’Antiquité. Selon Flavius Josèphe, à la fin du Ier siècle de notre ère, il était composé de myrte, de saule, de palmes ainsi que d’un fruit, qu’il s’agisse de persea ou de cédrat26. La tradition rabbinique nomme ces végétaux les « quatre espèces » (arba’ah minim) et interdit l’utilisation de tout autre fruit que le cédrat (nommé ethrog)27. Le nom de la palme, lulav, est désormais utilisé pour désigner la totalité du bouquet.

Après la destruction du Temple, ce rituel gagna en importance : il devint indépendant des sacrifices, qui n’existaient plus, et fut transféré à la synagogue28. L’utilisation du lulav est précisément codifiée : pendant chacun des sept jours de la fête, on récite le Hallel29 ainsi qu’une bénédiction spéciale en tenant les rameaux dans la main droite et l’ethrog dans la main gauche30 ; ceux-ci sont agités à des moments précis de la prière. On procède également chaque jour à une procession autour de l’estrade de la synagogue en tenant le lulav et en chantant des poèmes liturgiques nommés hoshannot. Le 1er jour de la fête, on lit les passages de la Bible relatif à la fête ainsi qu’à la Dédicace du temple de Jérusalem par Salomon. En diaspora, c’est-à-dire en dehors d’Israël, les jours chômés des fêtes de réjouissance sont redoublés : les pratiquants cessent donc de travailler pendant deux jours ou lieu d’un au début de Souccot31.

Achat des composants du lulav, au marché des quatre espèces, Tel Aviv
Achat des composants du lulav, au marché des quatre espèces, Tel Aviv
RonAlmog / CC-by

Le jour de Hoshanna Rabba, des hymnes additionnels sont chantés. De plus, en souvenir de la procession au Temple, on dépose les Rouleaux de la Torah sur l’estrade de la synagogue et on défile sept fois autour en tenant son lulav et en récitant des prières pour la pluie. Une autre procession a ensuite lieu, cette-fois avec des seules branches de saule qui sont par la suite jetées au sol.

Les cabanes

De nos jours, l’aspect le plus visible de la fête est la construction en plein-air des cabanes  (au singulier, sukkah). De nombreuses règles et coutume régissent leur construction : elles doivent avoir au moins 3 murs, un toit recouvert de verdure et être décorées. Plus on est pratiquant, plus on passe de temps dedans pendant la fête : les rabbins prescrivent d’y consommer au moins une bouchée symbolique le 1er jour mais certains y prennent tous leurs repas voire y dorment, bien qu’il soit précisé que l’accomplissement du rite ne doit pas engendrer d’inconfort majeur pour ceux qui s’y soumettent.

Représentation du repas dans la Soukkah
Représentation du repas dans la Soukkah
© sinai6000.net

De nos jours, on construit fréquemment de grandes sukkot communautaires à proximité des synagogues. Depuis le XVIe siècle, il est devenu coutumier d’associer chacun des jours de la fête à une grande figure biblique : Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Aaron, Joseph et David.

Cabane peinte pour la fête des Tabernacles, Autriche ou sud de l'Allemagne, fin XIXe
Cabane peinte pour la fête des Tabernacles, Autriche ou sud de l'Allemagne, fin XIXe
© mahJ / Christophe Fouin
Cabane montée dans le maris à Paris en 2009, 18 rue des Ecouffes
Cabane montée dans le maris à Paris en 2009, 18 rue des Ecouffes
Djampa / CC-by-sa

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Souccot à Jérusalem, dans la vieille ville
Souccot à Jérusalem, dans la vieille ville
Ariela Jayosi / CC-by-nc-sa

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